Un costume sur mesure pour David

Ancien civiliste au sein de Prélude SA, David Grosjean a intégré l’équipe d’encadrement début septembre. Titulaire d’un diplôme d’une haute école de gestion, il apprécie ce nouveau travail qui alterne tâches comptables et relations humaines.

Il y a encore un an, David travaillait en tant que collaborateur au service comptabilité d’une entreprise de transport de la région. Alors qu’il devait effectuer ses cours de répétition, il a décidé de changer d’orientation professionnelle. « Après plus de 5 ans, j’avais un peu fait le tour de mon précédent emploi, j’ai profité de mon temps d’armée pour demander à changer d’affectation afin de le transformer en service civil », explique le jeune homme. S’il ne connaissait que vaguement Prélude SA, il y a trouvé une ambiance qui correspondait à ses nouvelles ambitions, et surtout davantage de variété dans ses tâches.

Civiliste, David a ainsi collaboré successivement au secteur multiservices, puis à la logistique. « Ce qui m’a principalement marqué, c’est que nous travaillons prioritairement pour des gens et non pas pour un directeur ou une directrice. » De fait, il trouve du sens à sa nouvelle mission. Il apprécie les moments de partage avec les collaborateurs et les collaboratrices de l’entreprise.

Se caler sur le rythme des autres

Son relatif manque d’expérience dans l’encadrement n’est pas une lacune. « Je suis encore en phase d’apprentissage, donc j’apprends de nouvelles choses et je suis bien entouré », explique-t-il. David entend suivre une formation dans le domaine, mais en attendant, il emmagasine un maximum d’expérience sur le terrain. Il apprécie ce relationnel qui implique de se caler sur le rythme des personnes qui travaillent avec lui. « C’est quelque chose qui m’est venu naturellement, je pense en priorité à mes collaborateurs et à mes collaboratrices avant de penser à moi. »

Avec les qualifications acquises durant son parcours à la HEG, David Grosjean a sans nul doute des compétences métiers à transmettre aux personnes qui travaillent dans son secteur. Mais, il doit encore gérer des paramètres qui lui restent à acquérir tels que les confidences lorsque quelqu’un ne se sent pas bien sur son lieu de travail. « J’ai appris à ne pas tout prendre sur moi lorsqu’il y a des situations délicates. J’ai la chance de pouvoir compter sur le savoir-faire de mes collègues pour apaiser d’éventuelles tensions ou de m’en détacher de la manière la plus positive possible. »

Ce passionné de sport, plus particulièrement de vélo et d’athlétisme, peut compter sur son expérience d’entraîneur. Chaque semaine, il s’occupe d’adolescents de 14 à 18 ans, un atout non négligeable dans le cadre de sa nouvelle profession. Ainsi, ce nouveau travail chez Prélude SA lui permet d’exploiter pleinement ses capacités et de trouver un équilibre entre ses tâches derrière un ordinateur et le contact humain. Toutefois, il lui reste encore à changer un peu son image : « Certains me voient encore comme un civiliste, mais je m’impose de plus en plus comme un encadrant. » Ce changement de rôle, David est en train de l’endosser avec un certain succès. Nous lui souhaitons une nouvelle fois la bienvenue au sein de notre entreprise.

« Prélude est un soutien précieux à nos cantonniers »

Prélude SA ne travaille pas uniquement pour les industries de la région. Elle offre également de nombreuses prestations à destination des communes du Grand Chasseral, à commencer par celle qui, depuis 2017, accueille cette entreprise sociale aux différentes facettes.

« Nous n’avions aucune crainte lorsque l’entreprise est arrivée sur le territoire de la commune », débute Ismaël Mohni. Le conseiller communal de Valbirse, chargé des Services techniques et de l’entretien des routes, connaissait déjà bien Prélude SA lors de son implantation sur le territoire. « Une de mes voisines y travaille, je sais que les collaboratrices et les collaborateurs sont parfaitement suivis, et disposent d’un cadre bienveillant. » Via le dicastère dont il a la responsabilité, celui qui est par ailleurs directeur d’une entreprise de travaux publics, collabore régulièrement avec l’entreprise sociale. « Prélude est très réactive à nos demandes. »

Ismaël Mohni se remémore sa première découverte des locaux de Prélude SA. Le conseil avait été invité à les visiter en 2018, quelques mois après l’installation de l’entreprise sur la commune. « Tout d’abord, j’ai été surpris par sa taille et par la diversité des services proposés, tant en mécanique que dans l’entretien d’espaces extérieurs. » Le conseiller communal relève également le nombre impressionnant de projets menés par la direction. « Aujourd’hui, cela fait quatre ans que je collabore activement avec Prélude SA. Ils sont utiles lorsqu’on a besoin de personnels supplémentaires pour la réalisation de tâches simples. » Le premier rapport de travail concernait le nettoyage du parc ornithologique de la commune. Le conseiller communal y a trouvé du répondant et des tâches exécutées avec soin. : Débroussaillage et réaménagement du chemin blanc, débarras du vieux matériel entreposé dans les chalets alentours, nettoyage de la mousse sur les toits, etc. L’équipe a même retiré une vieille barque qui flottait au milieu de l’étang.

Du côté de Prélude, Renato Iannetta, co-responsable du département logistique avec Nick Scheidegger, relève que les travaux à l’extérieur satisfont une partie de son équipe qui préfère travailler hors des ateliers de Prélude. « Ce sont environ 4 à 6 personnes qui sortent régulièrement. Ils ont apprécié ce mandat de remise en état du parc ornithologique, explique-t-il. Il y a ce contact avec la nature, une certaine indépendance et une liberté qui sont fortement appréciées. »

Les idées ne manquent pas

Les collaboratrices et les collaborateurs de Prélude SA apportent également une aide non négligeable pour soutenir les cantonniers lors de l’installation de tables et de bancs pour les fêtes gérées par la commune. Par le passé, les collaboratrices et les collaborateurs de Prélude SA se sont montrés utiles dans le cadre des patrouilles scolaires sur les passages piétons de la commune. « Nous n’avons jamais eu de retour négatif à ce sujet, malheureusement nous avons dû renoncer à cette activité pour des histoires de responsabilité. C’est dommage », regrette le conseiller communal.

Toutefois, Ismaël Mohni constate plusieurs points forts : la réactivité aux demandes et une disponibilité sans faille envers leurs interlocuteurs. Ainsi, il n’est pas inquiet pour l’avenir des prestations de Prélude en faveur de la commune de Valbirse. « Ils s’adaptent à nos besoins avec succès. Ils se donnent vraiment sans compter afin de satisfaire leurs clients. » Plusieurs projets sont ainsi à l’étude, par exemple la création d’une déchèterie ou encore un système de service pour le recyclage de carton. « Les idées ne manquent pas », poursuit le conseiller municipal.


Le prix n’est pas un argument

Les cantonniers de la commune apprécient particulièrement l’aide précieuse apportée par Prélude SA. « Le travail est réalisé en toute indépendance par les collaboratrices et les collaborateurs de l’entreprise, c’est vraiment un plus pour libérer notre personnel de certaines tâches », souligne Ismaël Mohni. Dans ce cadre, ils effectuent de menus travaux tels que déraciner des orties ou encore retourner la terre. Les prix pratiqués ne sont pas vraiment un argument. « Ce qui est intéressant, c’est justement ce côté social. Valbirse participe ainsi, à son échelle, à leur offrir une aide de réinsertion dans la société. C’est très valorisant », estime-t-il.


« J’ai appris à faire attention au ton de ma voix »

Renato Iannetta est à la fois modeste et très accueillant. À quelques mois de la retraite, il revient sur son parcours chez Prélude SA : itinéraire d’un authentique rêveur sachant conjuguer rigueur et bienveillance.

« Renato, j’ai reçu des pièces, dois-je les emballer ? » L’interview n’a pas encore débuté, que le co-responsable du secteur logistique doit s’interrompre pour régler quelques aspects organisationnels de travaux à venir. Son bureau est situé à l’étage inférieur du bâtiment de Prélude SA. Depuis la fenêtre, on y aperçoit un atelier qui foisonne d’activités. « Ma porte est souvent ouverte, cela facilite le dialogue avec les gens », débute-t-il avec un large sourire.

Renato Iannetta est pragmatique « et d’une grande rigueur ». Un caractère en adéquation avec une carrière professionnelle placée sous le signe de la mécanique, tout d’abord chez un fabricant de machine-outil de la région, puis dans une manufacture horlogère. Après quelques années à travailler dans des entreprises industrielles, il aspire à autre chose : « J’avais un cadre de travail très confortable… Toutefois, j’avais cette envie de transmettre mon savoir-faire. »

Lorsqu’il débarque chez Prélude SA, il débute très logiquement par le secteur mécanique. Toutefois, il découvre une autre approche. « En mécanique, normalement c’est très carré. Ici, c’est différent, c’est mouvant. Et s’il y a une erreur, je considère que ce sont mes consignes qui n’étaient pas assez claires. » Ainsi, d’un environnement très structuré, il passe à un « monde parallèle » où les collaborateurs et les collaboratrices ne sont pas toujours les mêmes d’un jour à l’autre. « Au départ, c’était compliqué. D’un côté, j’ai des clients à satisfaire, de l’autre des personnes en situation de handicap ou en difficulté sociale. J’ai dû apprendre à créer un équilibre. » Il pense y parvenir, trouver sa méthode et être sur la bonne voie. « Mais un jour, notre directeur m’interpelle et remet en question mes méthodes, rigole-t-il, je n’étais pas du tout adéquat dans ma manière de faire. »

Renato procède à des ajustements, tant du point de vue du management que de son attitude : « J’ai appris à faire attention au ton de ma voix. Elle est grave et porte loin, cela peut paraître agressif. » Pourtant, le sexagénaire est tout le contraire. Lorsqu’il se raconte, il a ce côté rêveur, un brin utopiste, qui considère les gens sous leur meilleur jour, ce qui parfois lui masque la réalité du monde. « Dans ma tête, tout le monde était beau et gentil… Je ne voyais pas cette souffrance. C’est une forme de naïveté qui fait partie de ma personnalité. »

Au quotidien, il constate que Prélude SA accueille de plus en plus de jeunes gens en détresse. Ce rajeunissement de la population de l’entreprise sociale n’a pas changé son approche. Le matin, il a un petit mot sympa pour tout le monde et distribue les travaux en fonction des compétences de chacun, misant davantage sur l’implication personnelle de ses collaboratrices et collaborateurs que sur une forme d’autorité. Côté mandat, le secteur logistique a une activité très variée. « Au point de ne pas avoir de programme très défini. La météo exerce une grande influence. S’il pleut, on reste à l’atelier ou nous nous occupons des livraisons, et dès que le temps le permet, on file réaliser des mandats extérieurs, comme l’entretien de jardins, par exemple. »

L’ancien mécanicien est très fier de son équipe actuelle, « ce sont des bosseurs. Parfois, cela manque de rigueur dans la finition, mais c’est mon rôle de contrôler cet aspect. » Renato est attentif. Il privilégie un dialogue constant avec ses collaboratrices et ses collaborateurs, veille à ce que tout le monde se sente bien et, si nécessaire, adapte le programme et les horaires à l’humeur de chacun. Parfois, il n’y arrive pas. « Ce qui me fait le plus mal, c’est d’avoir eu, sans m’en rendre compte, une attitude qui n’a pas été adéquate avec quelqu’un, de ne pas avoir su trouver les bons mots et de blesser une personne. Je ne me sens pas bien ensuite. »

Dans quelques mois, il profitera d’une retraite bien méritée dans une maison qu’il a achetée en 2008. Elle est encore en travaux, mais il prend ça avec philosophie. Il en rigole même. « Peut être qu’elle ne sera jamais finie et ce n’est pas grave. J’aime bien bricoler à mon rythme. » Italien d’origine, il pense également effectuer quelques allers-retours entre la terre natale de ses parents et la région du Grand Chasseral. Il aura également du temps pour cuisiner pour ses amis. De son propre avis, il s’en sort très bien avec le Tiramisu ou une bonne ratatouille. En somme, Renato aime la vie simple, c’est une attitude qu’il a partagée tout au long des années passées chez Prélude SA. Nous l’en remercions vivement.

De Prélude SA au basket de haut-niveau

La tension et les enjeux du sport de haut niveau débutent chez Prélude SA ! En effet, sur mandat de la société Swiss Timing, nos collaboratrices et collaborateurs se sont vu confier la chouette mission de concevoir les câbles qui sont connectés dans les panneaux « shot clock » récemment installés sur les parquets de grands championnats de basket-ball. Dans des matchs où tout se joue à la seconde près, nos équipes ont mis tout en œuvre pour fabriquer des câbles répondant aux hautes exigences de notre client. La fiabilité est essentielle, plus particulièrement lors du fameux « Tir au buzzer » qui peut décider du sort d’un match ! Les millions de spectatrices et spectateurs à travers le monde ne se douteront pas que cet exploit est également un peu celui des entreprises du Grand Chasseral. Un grand merci à Swiss Timing, spécialiste du chronométrage sportif, de permettre à nos collaboratrices et à collaborateurs de rêver un peu depuis nos ateliers de Valbirse.

L’alliance entre performance et engagement social

Bien que Prélude soit enregistrée sous forme de SA, ce qui la rapproche du fonctionnement habituel d’une entreprise classique, son organisation et son action demeurent résolument atypiques. Elle évolue constamment sur le fil du rasoir entre fournir des prestations de qualité à ses clients et sa mission d’entreprise sociale au service de ses collaboratrices et de ses collaborateurs en situation de handicap ou en difficulté sociale.

Responsable de production au sein de Prélude SA, Alain Jaggi ne ménage pas ses efforts pour préserver le difficile équilibre existant entre certains impératifs de rentabilité et les efforts à consacrer à l’accompagnement et l’encadrement des collaboratrices et collaborateurs de l’entreprise : « On doit être capables d’obtenir une production de qualité et de répondre aux exigences de nos clients tout en tenant compte du fait que nous employons des femmes et des hommes dont nous adaptons en permanence les places de travail. »

D’abord engagé comme maître socioprofessionnel (MSP), avant de prendre la responsabilité de la production il y a 5 ans, le quinquagénaire relève que c’est avant tout « un parcours de vie compliqué qui a envoyé ces personnes chez Prélude SA. Nombre d’entre elles sont formées, et possèdent un CFC. » Finalement, c’est l’une des caractéristiques de l’encadrement de l’entreprise : son aptitude à jongler avec les difficultés sociales existantes – ce qui rend l’absentéisme plus fort qu’ailleurs – tout en assurant les délais promis et une excellente qualité de la production. « Le handicap n’est pas une excuse, nous sommes capables de nous élever au même haut niveau de prestation que n’importe quelle autre entreprise. »

La réactivité, moteur de développement

La principale force de Prélude SA réside dans sa réactivité. Forte de plus de 100 collaboratrices et collaborateurs, sa capacité de production s’adapte rapidement aux besoins de ses clients. Pour Alain Jaggi, « les ateliers basculent très facilement d’un travail à un autre, sans pour autant altérer les délais ou perturber nos équipes ». Pour réussir ce tour de force, il travaille en étroite collaboration avec les responsables de chaque secteur. « Toute demande est analysée afin d’être confiée aux bonnes personnes, en tenant compte des compétences et capacités individuelles de chacune ou chacun. Nous adaptons ainsi nos postes de sorte que tout le monde soit intégré confortablement au sein du processus de production. »

Aussi, le fonctionnement de Prélude n’est pas calqué sur une organisation avec des lignes de production traditionnelles et figées. Peu importe la quantité, l’ampleur ou le prix, chaque travail intéresse le responsable de la production. « Cela nous donne l’opportunité de diversifier les travaux proposés dans nos différents secteurs. Les tâches répétitives, souvent peu attractives dans le premier marché du travail, sont pour nous une véritable aubaine ; elles apportent un cadre rassurant à nos équipes et leur permettent de s’épanouir. »

Une image qui change. Le défi du changement d’image a été relevé avec succès par Prélude SA, tant du point de vue de ses clients que de celui de ses collaboratrices et de ses collaborateurs. Avant, les entreprises nous confiaient du travail en estimant que c’était là leur contribution sociale, confesse son directeur Pierre-Michel Raetzo. Aujourd’hui, on est reconnus pour la qualité et les compétences de notre production. » Si l’entreprise a su s’intégrer dans le monde industriel en gardant sa singularité, celui qui passera la main en fin d’année relève également une autre victoire. Et pas des moindres : « Les gens sont fiers de travailler chez nous, ils ne le masquent plus dans leur CV comme cela a pu être le cas par le passé.»

Mission sociale

Comme toute entreprise, Prélude SA doit rester compétitive et maîtriser ses coûts afin de garantir sa stabilité. La réduction des frais d’exploitation est un objectif qui s’accompagne également d’un rééquilibrage de son mode de financement, entre le contrat de prestations qui lie l’entreprise au canton et les ressources propres à son activité commerciale. Toutefois, l’automatisation de certains processus ne doit pas se faire au détriment du nombre de places de travail. En effet, la vocation sociale de l’entreprise reste prioritaire. « Les collaboratrices et les collaborateurs sont nos principaux clients. Ce sont eux qui assurent chaque jour notre production. »

Par son fonctionnement, Prélude est un maillon essentiel d’une chaîne humaine régionale portée par des hommes et des femmes qui font vivre l’engagement social de l’ensemble de la région du Grand Chasseral. « En tant que responsables, nous ne sommes que des metteurs en scène. Les véritables acteurs, ce sont bien celles et ceux qui œuvrent dans nos ateliers », conclut Alain Jaggi.

La cerise sur le gâteau…

Depuis avril 2024, Marianne est employée à l’atelier-boutique de Prélude, à Saint-Imier. Elle y a rejoint sa fille qui y travaillait déjà. Auparavant, elle a été bénévole pour une dame âgée. Mais, il faut bien l’avouer, cette excellente pâtissière cache bien son jeu.

Bouchère de formation, Marianne n’a jamais vraiment exercé ce métier qu’elle avait choisi par défaut et qu’elle n’aimait pas. « Ma famille d’adoption ne souhaitait pas que je suive des études », explique-t-elle. En effet, sa mère l’ayant abandonnée à l’âge de 3 mois et son père étant décédé quand elle avait 6 ans, elle fut adoptée avec l’une de ses sœurs. Ce début de vie compliqué a exercé une influence sur la suite, puisque, pendant trente-six ans, elle a été famille d’accueil. « Je le suis devenue par amour des enfants. J’en ai accueilli 54. Ils avaient entre 3 mois et 16 ans », détaille-t-elle. Toutes et tous placés en raison de problèmes familiaux, ils ont donc pu compter sur l’affection de cette femme de cœur qui est également devenue mère de deux enfants.

Il y a 17 ans, son divorce la plonge dans une profonde dépression. La maladie l’empêche de travailler. « Je ne pouvais plus offrir la qualité de vie que méritaient ces enfants. » Cet état l’entraîne dans une spirale qui débouche sur l’assurance invalidité. À cette époque, elle réside du côté de Montreux. « Je ne faisais plus grand-chose, juste un peu de chant. Puis, comme j’ai toujours aimé en faire pour le goûter des enfants, je me suis lancée plus sérieusement dans la pâtisserie. Ce dernier point est crucial pour la suite de ce récit.

Une « super-nana » pour les USA

Il y a 7 ans, Marianne décide de déménager dans la région de Saint-Imier pour se rapprocher de sa fille Malika. Elle lui rend fréquemment visite à l’atelier-boutique de Prélude. Comme la personne âgée dont elle s’occupait bénévolement vient de décéder, elle est à la recherche d’une nouvelle occupation. Avec Natacha Studer, la responsable du lieu, elles conviennent d’un engagement à 50%. « J’aime faire tout ce qu’on me propose », explique-t-elle calmement. Elle y retrouve l’ambiance familiale qu’elle a cultivée tout au long de ses années de famille d’accueil. « D’ailleurs, je revois encore régulièrement des enfants qui ont vécu chez moi. »

Si le travail dans l’atelier-boutique est varié, elle apprécie tout particulièrement les travaux au crochet, une activité apprise de sa tante. Ses œuvres, des oiseaux notamment, sont parfaitement mises en valeur dans la boutique. Mais ses talents ne se limitent pas à cela. Elle confectionne d’autres objets. « J’ai réalisé une ‟ super-nana ”. Elle a été vendue pour être offerte à une petite fille… aux États-Unis. Aujourd’hui, Marianne estime qu’elle est totalement guérie, notamment grâce à un très bon médecin et à son rôle de dame de compagnie auprès de femmes âgées.

La télévision en 2026

Au moment de conclure cette interview, on se dit que cette femme a décidément eu une vie plutôt bien remplie, bercée de chaleur humaine. Pourtant… elle ne nous a pas tout révélé. Aussi, le présent portrait n’est pas passé loin de rater une information essentielle. C’est Natacha Studer qui nous met la puce à l’oreille en évoquant une « mystérieuse cerise sur le gâteau »…

À demi-mot et avec énormément de modestie, elle nous conte une aventure extraordinaire, une véritable histoire de Noël. Il y a quelques mois, sa fille l’incite à participer au casting de l’émission Le Meilleur Pâtissier, un programme culinaire français de la chaîne M6. D’abord réticente à cette idée, elle finit par se laisser convaincre. La pâtissière imérienne franchit haut la main les deux étapes des sélections, avec une formidable 2e place sur 869 candidats. « J’ai d’abord proposé un entremets aux fruits exotiques pour le gâteau libre et préparé un saint-honoré pour l’épreuve imposée. » Avec, pour cette dernière, une contrainte de temps d’exécution de trois heures !

Marianne vient ainsi de confirmer sa participation à l’émission. Une décision difficile à prendre en raison du stress que ce genre de défi engendre. Mais, là encore, sa fille et son beau-fils ont su se montrer convaincants. Fidèle lectrice de Bernard Werber, on peut souhaiter qu’elle trouve la force de surmonter cette anxiété dans les romans de l’écrivain français. En outre, elle sait qu’elle peut compter sur le soutien des deux responsables du secteur Art & Artisanat, Natacha et David, pour la coacher, et de tous ses collègues de l’atelier-boutique pour la soutenir. Début du tournage : printemps 2026.

De l’hôtellerie à l’encadrement social

Passionnée par l’hôtellerie et les voyages, Sylvie Kaufmann s’est rêvée équipière sur un bateau de croisière. Si ses pas l’ont portée vers de nombreux pays, actuellement c’est bien au sein de l’encadrement du secteur multiservice de Prélude qu’elle met à disposition ses compétences et son sens de l’écoute.

Sylvie tire son sens de l’accueil, du service et de l’écoute de son histoire familiale. « Je suis littéralement née dans un restaurant, explique-t-elle avec un large sourire, au bout d’une longue table accueillante.» Autant dire que le sens de l’hospitalité est fortement ancré dans ses gènes. À tel point qu’à l’âge de 15 ans, elle intègre l’École d’assistante d’hôtel, à Glion. Elle s’y forme en tant qu’assistante hôtelière. Elle est employée dans un hôtel 5 étoiles et cette période marque le début de sa carrière de future polyglotte. « Le directeur de mon hôtel avait fait une demande afin que je puisse suivre l’école en français, mais exercer la pratique en allemand.» Son parcours la mène ensuite en Floride pour y apprendre l’anglais, puis en Espagne pour… l’espagnol.
« Là-bas, dans l’hôtel où je travaillais, je m’occupais surtout des touristes suisses alémaniques », plaisante Sylvie. Elle a également voyagé en Australie pendant trois mois avec celui qui est devenu son époux.

« Mon plus grand rêve était de bouger en travaillant dans l’hôtellerie, si possible sur un bateau naviguant dans les Caraïbes. » Toutefois, grâce à ses compétences multilingues, elle devient réceptionniste chez un fabricant de machines-outils de la région. « C’était un poste fantastique. Tous les jours, je parlais trois langues différentes. J’ai effectué ce travail durant cinq ans. » À la naissance de ses enfants, elle choisit de se consacrer à sa vie familiale, s’éloignant ainsi du domaine de l’hôtellerie qu’elle affectionne particulièrement.

De la piscine à Prélude

Les enfants devenus grands, elle envisage de reprendre une activité professionnelle. Il y a 8 ans, alors qu’elle mangeait au restaurant de la piscine de Valbirse, elle rencontre le directeur de Prélude. Le courant passe. Sylvie visite Prélude et y relève de nombreux points communs avec ses expériences passées. « Ici, mes ‘clients’, ce sont des personnes en difficulté. Et comme dans le restaurant de mes parents, on prête l’oreille aux petits tracas des gens. J’ai l’écoute dans le sang ! » Elle apprécie cette pratique qui consiste « à prendre le temps nécessaire lorsqu’une collaboratrice ou un collaborateur ne se sent pas bien. Il y a beaucoup de bienveillance dans notre approche. » Elle a toutefois dû apprendre à mettre un peu de distance dans sa manière de travailler, en raison de son hypersensibilité. « Je ramenais la souffrance des gens à la maison. »

Sylvie apprécie l’image que Prélude renvoie à l’extérieur. « On dit de nous que nous sommes une belle entreprise. On est bien loin des clichés véhiculés sur ce que certains nomment avec mépris des ‘cas sociaux’. » Elle aime également son travail au secteur multiservice et cette manière de démontrer que le handicap n’est pas une fatalité. « On est capables d’assurer tout type de mandat, on a des comptes à rendre à nos clients, et nos collaborateurs se montrent efficaces. » De son propre aveu, elle explique toutefois qu’elle a dû apprendre la patience. « C’est la principale différence avec l’hôtellerie. Le rythme est différent. Néanmoins, je suis plus fatiguée après une journée chez Prélude que lors d’une journée de douze heures dans un hôtel.»

Bien qu’il lui reste encore quelques années avant de penser à la retraite, Sylvie se réjouit de reprendre la route. Le voyage occupe toujours une place importante dans son esprit. « Je crois que j’aurais vraiment pu vivre dans un autre pays. L’hôtellerie est un monde spécial où l’on bouge tout le temps. » Sa passion est si intense qu’elle a même suggéré à son mari l’idée de reprendre un restaurant à Sydney. En attendant, chez Prélude, on se réjouit de pouvoir compter encore sur ses compétences et sa sociabilité. « J’aime accueillir. Chez moi, c’est comme dans un restaurant, avec un frigo et un congélateur toujours pleins », glisse-t-elle en guise de conclusion.

Du Congo à Prélude SA

Au départ, le parcours de Luyeye ressemble à celui de nombreux jeunes en quête d’une vie meilleure. Encore mineur, il fait environ 8500 km pour atteindre les frontières de l’Europe. En Suisse, une famille d’accueil lui donne les bases pour commencer une nouvelle vie, mais la traversée de l’Afrique a laissé des marques sur son corps.

Aujourd’hui, Luyeye a 38 ans. Il est arrivé en Suisse alors qu’il était mineur, il y a plus de 21 ans. Ce fut un départ précipité pour le Congolais de naissance. « Les policiers ont battu et abusé de ma mère. Ma grand-mère m’a donné l’argent de la vente de la plantation de café, je suis parti en direction de la Centrafrique. » Son trajet est malheureusement très banal, similaire à celui de nombreux jeunes qui débarquent sur une route migratoire comportant de nombreux dangers et parsemée d’embûches. En chemin, il y a les passages à tabac et les mauvaises rencontres dans les squats qu’il fréquente. Il traverse de nombreux pays et arrive en Italie à 16 ans. « Quand je suis enfin arrivé en Suisse, je me suis dit : ‘Je suis grand !’ » rigole-t-il. Il suit le chemin habituel du migrant en passant par les centres pour réfugiés. Tout d’abord celui de Vallorbe, puis les nombreux autres. Ensuite, il est hébergé par une famille d’accueil à Évilard.

Dans les montagnes, le jeune garçon apprécie les promenades avec les chiens de la famille. « Des golden retrievers, précise-t-il. Dans la forêt, je marche à mon rythme, je suis au calme. »

L’intégration chez Prélude

Luyeye a travaillé dans le bâtiment, notamment dans la pose de carrelage. Mais cette marche à travers l’Afrique lui a laissé des séquelles physiques. Une hernie discale, d’abord, suivie de problèmes d’arthrose au niveau des jambes. L’homme a également un déficit de la vue à la suite d’un coup involontaire donné par un camarade… en Suisse. Quatre opérations sont nécessaires pour retrouver une certaine acuité visuelle. « J’ai fait 8500 kilomètres à pied, j’ai affronté de nombreuses épreuves et maintenant, ma santé m’empêche de travailler comme j’aimerais. »

Au bénéfice de l’AI, il a cherché un emploi dans des institutions adaptées, se heurtant bien souvent à des refus en raison de sa santé. En 2020, il découvre Prélude SA et adopte immédiatement cette place de travail. « Quand je sors de chez moi et que j’arrive ici, je suis parfaitement à l’aise. Je m’occupe notamment au secteur logistique. » Luyeye est un maniaque du ménage. Lorsqu’il commence un mandat pour l’entreprise, il met tout en œuvre pour que cela soit aussi propre que chez lui.

Une boussole

Dans son parcours, il a eu quelques problèmes avec l’alcool. Toutefois, il s’est ressaisi afin de devenir exemplaire. « J’ai donné mon cœur à ma famille d’accueil », exprime-t-il. D’ailleurs, au cours de l’entretien, Luyeye n’a cessé de rendre hommage à cette famille, qu’il ne veut pas décevoir, car « elle m’a donné des valeurs ». Il a aussi beaucoup honoré le souvenir de sa mère biologique. « Elle a été comme une boussole, c’est à elle que je dois de savoir écouter. Je ne l’ai jamais revue. Je regrette de ne pas pouvoir lui montrer comme je suis fort grâce à elle. »

L’intégration de Luyeye chez Prélude lui a permis de trouver une certaine stabilité qui passe notamment par sa fierté d’avoir un travail. « J’ai décroché cette place chez Prélude, je vais tout faire pour m’en montrer digne et y rester », conclut-il.

« Ici, on est nous-mêmes, sans faux-semblant »

L’alcool a exercé une influence néfaste sur Constantin. Néanmoins, il a tout mis en œuvre pour tourner la page d’une période sombre de sa vie. Son travail au sein du secteur Logistique de Prélude SA est une étape sur la voie d’une certaine normalité.

Le jeune quadragénaire est précis quant à sa présentation : il travaille chez Prélude SA depuis le 22 septembre 2022. Une date qu’il considère comme un nouveau départ après des tourments liés à son addiction à l’alcool. Après dix années compliquées, Constantin loge maintenant dans un lieu de vie et de réhabilitation de la vallée de Tavannes, Le Tamaris. Maçon grutier de formation, il est tombé dans l’alcool « pour oublier des graves événements qui me sont arrivés plus jeune », explique-t-il avec pudeur mais sans tabou. Cultivé, ce fils de diplomate rwandais venu en mission à Berne au début des années 1990 s’exprime avec aisance. Le destin de la famille bascule en 1994. « En raison du génocide rwandais, nous sommes restés bloqués en Suisse. Nous avons donc demandé l’asile politique. »

L’alcool a débarqué sur son lieu de travail. Il boit de plus en plus régulièrement. « C’était devenu une fuite de la réalité, je ne voyais pas que je me mettais en danger. C’est mon père qui a tiré la sonnette d’alarme, il m’a sauvé la vie. » Après un passage aux Vacheries, une unité thérapeutique dédiée aux dépendances, il arrive donc au foyer Le Tamaris. « Ici, on s’est occupé de me stabiliser mentalement et surtout de me débarrasser de mes problèmes d’alcool. »

Se réinsérer

Après plusieurs années sans travailler, l’étape suivante était de lui trouver une occupation. « Cela faisait dix ans que je suivais un schéma hors norme. Pour un alcoolique, il est important d’occuper son esprit afin de ne pas cogiter. » Il intègre donc le secteur Logistique de Prélude SA. Il y apprécie particulièrement les efforts physiques qui lui sont demandés. « J’aime porter des choses. Avec mon métier de maçon, j’ai été formé à cela. À la fin de la journée, on ressent une bonne fatigue. Puis travailler à l’extérieur me plaît. »

L’ambiance chez Prélude ? Il l’apprécie. « Ici, on parle facilement de notre vie, on est nous-mêmes sans faux-semblant. J’évoque facilement mes problèmes d’alcool, c’est une manière de sensibiliser à ses méfaits. De montrer aussi qu’on peut s’en sortir. »

Sur la route de l’indépendance

Encore en phase de reconstruction, l’homme a de l’ambition. Pour lui, Prélude n’est qu’un passage sur la voie de sa rédemption professionnelle. À court terme, il souhaite refaire des stages dans son métier. Grâce à son travail chez Prélude SA, de nouvelles perspectives s’ouvrent. Dans quelques semaines, il quittera son logement pour s’établir dans son propre appartement, mais toujours sous la responsabilité du foyer Le Tamaris. Un avenir sujet à quelques questionnements. « Je me demande comment réagir, je suis à la fois curieux et anxieux. » Cependant, pour ne pas retomber dans ses travers, Constantin a mis en place différentes stratégies. Dorénavant, il prend soin de son corps et se cuisine des repas équilibrés. « La fuite, c’est fini ! Maintenant j’affronte mes peurs et c’est agréable de se sentir à nouveau physiquement au top. Je commence à m’aimer depuis que je ne bois plus. » Les signaux passent doucement au vert afin de permettre à Constantin d’entamer une vie plus standard, selon ses propres termes.

Match de foot

L’équipe de foot Prélude est impatiente de se mesurer à l’équipe de la Résidence Les Sources le vendredi 23 août 2024 à 14h00, sur le terrain de foot de Bévilard.

Si vous souhaitez assister à ce match palpitant, nous serons ravis de vous accueillir au bord du terrain.

Pour l’occasion, une partie de l’équipe s’est réunie en début de semaine afin de parler stratégie et de poser pour une photo avec nos équipements de compétition.

N’hésitez pas à venir soutenir notre Team Prélude face à ces adversaires redoutables. Cela ne nous empêchera pas de les battre, voyons!