Prélude SA consolide son secteur logistique

Entre croissance de l’effectif et amélioration des compétences, le secteur logistique de Prélude SA, encadré par Nick Scheidegger et David Charpié, conforte toujours davantage son modèle mêlant accompagnement socio-professionnel et prestations de qualité. Cette activité est un lien privilégié qui ouvre l’entreprise sur l’extérieur.

En 2025, les mandats du secteur logistique de Prélude SA ont augmenté et se sont diversifiés avec un défi de taille : maintenir un niveau de qualité de service envers ses clients tout en garantissant un accompagnement adapté. Les deux encadrants actuels de l’atelier, Nick Scheidegger et David Charpié, constatent une forte attractivité de leur secteur. « Notre effectif s’est étoffé, notamment avec un net rajeunissement, ce qui implique davantage de coordination et un équilibre à trouver entre production et accompagnement », résume le premier. Au quotidien, la cohésion se construit par l’encadrement, la transmission et des règles de fonctionnement partagées, telles que le droit à l’erreur et l’apprentissage par l’expérience.

La formation, un point clé

Le secteur multiplie les interventions chez des clients externes. Elles caractérisent l’ouverture de Prélude SA en dehors des murs. « Notre activité repose sur l’entraide et la polyvalence, explique David Charpié, on se soutient les uns les autres dans le cadre de nos missions. » Les deux encadrants encouragent aussi l’autonomie en incitant l’équipe à chercher elle-même des solutions aux problèmes rencontrés. Cette démarche responsabilisante donne des résultats positifs.

Il y a une grande diversité de missions entre les débarras, les déménagements et les travaux d’entretien de jardin. L’équipe peut compter sur le soutien de deux collaborateurs expérimentés en paysagisme et d’un autre détenteur d’un CFC d’agent d’exploitation. « Ce sont de véritables atouts. Ils peuvent conseiller leurs collègues. C’est une responsabilité valorisante et un bénéfice clair pour la qualité des prestations que nous offrons à nos clients.»

L’année dernière, le Birse FC a fait l’acquisition de deux robots tondeuses et d’un robot de traçage des lignes pour son terrain de football. « Notre équipe s’est adaptée : deux collaborateurs ont suivi une formation dédiée. » En outre, le secteur logistique a également renouvelé son parc avec deux tondeuses professionnelles et une débroussailleuse dorsale, pensées pour réduire la pénibilité et améliorer l’ergonomie. L’ancien matériel, lui, est désormais réaffecté à la formation, afin de permettre une progression graduelle vers l’équipement professionnel.

Une logistique au service du tissu régional

Le secteur logistique se positionne comme un partenaire de proximité qui collabore avec différentes institutions régionales : lavage des maillots de plusieurs équipes du FCTT, montage de tentes pour des manifestations locales, appui au marché paysan de Moutier. Ce sont autant d’actions qui renforcent la visibilité et la crédibilité du secteur, ainsi que l’implication de l’entreprise dans le tissu économique local.

Dans une économie locale où la demande de services de proximité progresse, l’atelier logistique de Prélude SA cherche ainsi à tenir une équation exigeante : fournir une prestation professionnelle, compétitive et fiable, tout en restant un lieu de réinsertion et de valorisation des compétences pour permettre une intégration de ses collaboratrices et de ses collaborateurs sur le marché primaire de l’emploi. La dimension humaine demeure d’une importance capitale : la qualité de la prestation dans ce secteur dépend également de l’engagement collectif et de la fierté du travail bien exécuté.

« L’inclusion de chacune et chacun est une valeur qui me tient à cœur »

Lise Wandfluh a débuté au sein de l’atelier-boutique de Saint-Imier en janvier 2026. Assistante socio-éducative de formation, elle a trouvé ses marques dans un cadre mêlant bienveillance, accompagnement et créativité.

Il y a de la douceur dans sa voix lorsqu’on écoute Lise évoquer son parcours. À 36 ans, son arrivée chez Prélude est vécue comme un acte porteur de sens, tant du point de vue personnel que professionnel. Bien qu’intéressée par le domaine du social depuis sa jeunesse, elle a tout d’abord effectué une école d’arts à Neuchâtel. Puis, par nécessité de gagner rapidement une indépendance financière, elle trouve un emploi dans une usine de la région. Elle y reste 8 ans. « Toutefois, j’étais toujours intéressé à travailler dans le domaine social », explique-t-elle. Après plusieurs mois marqués par les doutes et une nécessaire pause professionnelle, elle décide de suivre ses aspirations : en 2021, elle commence un apprentissage d’Assistante socio-éducative au Pôle santé mentale sis à Moutier. « J’ai eu besoin de revenir à ce qui m’animait profondément. »

Lise a complété son CFC par une année de maturité à plein temps. « J’étudiais à Saint-Imier. J’ai donc souvent entendu parler de l’atelier-boutique de Prélude. J’ai envoyé une candidature spontanée au printemps 2025 ». Bien lui en a pris puisque peu de temps après, un poste se libérait. Le processus de recrutement s’enchaîne rapidement : entretien, journée d’essai, puis engagement. Le ton de ses paroles est en harmonie avec la quiétude du lieu, qu’elle décrit ainsi : « J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l’atelier-boutique. J’ai trouvé le cadre chaleureux, esthétique et très agréable pour travailler », confie-t-elle.

Accompagner avec créativité et sens

Ce qui lui plaît particulièrement chez Prélude, c’est la mission d’accompagnement dans un environnement professionnel protégé, orienté vers l’insertion. Par rapport au milieu hospitalier, la relation avec les collaboratrices et les collaborateurs y est moins médicalisée et davantage centrée sur l’autonomie et la valorisation des compétences. C’est un poste en parfaite adéquation avec les valeurs personnelles qu’elle défend : « la bienveillance, l’écoute et l’accompagnement personnalisé. »

Créative dans l’âme, elle apprécie de pouvoir mobiliser ses talents artistiques au quotidien. Dessin, peinture, couture ou encore son intérêt pour la mode et les objets de brocante font partie de son univers. En dehors du travail, Lise est passionnée par le 7e art. Pendant une dizaine d’années, elle a travaillé en tant que projectionniste bénévole au cinéma de Bévilard. Pour compléter ce portrait, Lise révèle qu’elle aime également cuisiner, jardiner, visiter des expositions et découvrir de nouvelles villes.

Un nouveau duo

Lise se sent aujourd’hui à sa place. « L’inclusion de chacune et chacun dans la société est une valeur qui me tient vraiment à cœur », souligne-t-elle. Une pensée influencée par ses expériences personnelles et professionnelles passées. Pour elle, une entreprise comme Prélude offre à ses collaboratrices et à ses collaborateurs la possibilité de trouver cette place et d’y jouer un rôle actif. C’est un engagement qu’elle incarne désormais au quotidien, avec conviction et humanité.

David Charpié ayant rejoint le secteur logistique de Valbirse, Natacha Studer et Lise Wandfluh forment donc le nouveau duo en charge de l’atelier-boutique de Saint-Imier. Pour le visiteur qui prend l’initiative de franchir la porte située Rue Francillon 2, il y trouvera un accueil dans lequel le calme et la bonne humeur sont les porte-étendards d’une structure décidément pas comme les autres. Un café lui sera servi et son œil portera un regard émerveillé sur les différents objets proposés et fabriqués avec les principes du développement durable. À quelques pas, Lise et Natacha encadrent avec douceur et gaieté les collaboratrices et les collaborateurs occupés à les concevoir.

En 2025, le secteur multiservices a fait peau neuve

Le secteur multiservices, situé au premier étage des locaux de Prélude SA, a subi un petit lifting à la fin septembre 2025, notamment par le remplacement du mobilier de travail. Ce changement a comblé les collaboratrices et les collaborateurs de ce département de l’entreprise.

En 2025, la direction de Prélude SA s’est attachée à réaménager différents départements de son site de Malleray. L’objectif demeure inchangé : améliorer le travail et les services offerts aux clients, tout en améliorant le confort et le bien-être des collaboratrices et des collaborateurs.

Le secteur multiservices a été l’objet d’un investissement spécifique. L’ensemble du mobilier de travail (tables et chaises) a été remplacé. C’est peu dire qu’il était vraiment temps de faire ce remaniement. Les meubles utilisés jusqu’à maintenant étaient hérités d’un ancien atelier protégé, au temps où Prélude n’était qu’un projet en réflexion.

Aussi, le nouveau mobilier du secteur multiservices s’inscrit dans la continuité des changements qui avaient déjà été entrepris à l’étage inférieur, au sein du secteur mécanique. Dorénavant, il y a une unité d’équipement de couleurs qui se trouve entre les deux niveaux du bâtiment de Prélude. Parmi les grandes nouveautés, on peut mentionner l’arrivée de tables dont la hauteur est entièrement ajustable. Les collaboratrices et les collaborateurs peuvent ainsi choisir de travailler debout ou assis. Chaque îlot de travail en est équipé. Cette installation représente un atout non négligeable dans une journée de travail, puisqu’elle offre davantage de flexibilité dans le confort de travail. Outre les tables, l’ensemble des anciennes chaises en bois a été remplacé par des dispositifs plus modernes et confortables.

De l’avis d’Éric Schranz, co-responsable du secteur multi-services, cette nouvelle installation « offre prioritairement un confort et une ergonomie de travail qui sont essentiels au bien-être de nos collaboratrices et de nos collaborateurs. En outre, ce nouvel aménagement participe à donner une excellente image de notre atelier et donc de l’entreprise auprès de nos clients. »

Une entreprise sociale bien en place dans le Grand Chasseral

Implantée dans la commune de Valbirse depuis 2017, l’entreprise Prélude SA est plutôt bien située sur le territoire du Grand Chasseral. Elle y assure des missions essentielles pour les personnes en situation de handicap ou en difficulté sociale, un vrai plus pour la région.

Depuis ses débuts il y a 8 ans, l’entreprise sociale a pris de l’ampleur, aussi bien en termes de volume de commandes à traiter que de prestations à la personne. Ce développement n’est pas uniquement local. Il s’étend à l’ensemble de la région du Grand Chasseral, avec notamment l’ouverture de l’Atelier-boutique du secteur Art & Artisanat à Saint-Imier en 2021.

« On répond à un besoin de la région : s’il y a 100 personnes chez Prélude SA, c’est bien parce que ce besoin est réel. »

Prélude compte une centaine de collaboratrices et de collaborateurs répartis entre ses deux sites. Son organisation est singulière et encourage un travail qui a du sens. « On est basé au milieu d’une vallée industrielle. Notre activité est calquée sur cette économie de la machine-outil, de la mécanique, du décolletage de précision et plus largement de l’horlogerie », détaille le fondateur de l’entreprise Pierre-Michel Raetzo. Les maîtresses et maîtres socioprofessionnels (MSP) de Prélude SA travaillent d’arrache-pied pour cultiver les spécificités de l’entreprise, entre accompagnement social, respect des délais et de la qualité de la production attendus par ses clients.

Le « S » de MSP a gagné en importance

Au fil du temps, l’entreprise a dû s’adapter. En raison notamment du rajeunissement de ses collaborateurs et de ses collaboratrices, les besoins ne sont plus les mêmes. « Les souffrances d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes que celles d’hier, constate le directeur, les jeunes sont de plus en plus déstabilisés.» Il explique cela notamment – ce n’est pas la seule cause – par une addiction aux écrans qui les mobilisent durant la nuit. De fait, ils sont décalés par rapport aux horaires de travail. En sus, le climat souvent anxiogène des réseaux sociaux peut nuire à la santé mentale. Le résultat ? Prélude SA accueille de plus en plus de jeunes, bien souvent sans expérience professionnelle. « Ils n’ont jamais été confrontés au monde du travail, ils n’en connaissent pas les codes ». De fait, Prélude a trouvé des solutions en élargissant son cadre : « En adoptant une structure plus souple et en les incitant à trouver du plaisir dans les travaux proposés par l’entreprise. » L’essentiel est qu’ils aient une opportunité de travailler, sous une forme ou une autre.

Ainsi, le rôle des MSP a évolué. « Avant, ils décomposaient et distribuaient les tâches selon les mandats à exécuter. Ils insufflaient une dynamique de groupe. Aujourd’hui, le « s » de « socio » a pris de l’importance dans leur travail. » Prélude s’adapte et tâche de continuer à être un partenaire économique crédible auprès de ses clients. La formation des collaboratrices et des collaborateurs de l’entreprise est l’un des leviers qui permet d’atteindre cet objectif.

Un ambassadeur qui a du sens

Pierre-Michel Raetzo en est convaincu : « On ne peut pas déconnecter les mondes sociaux et économiques. Le seul moyen d’anticiper les besoins d’une société, c’est de construire un réseau. » En étant un ambassadeur actif du Grand Chasseral, Prélude SA signale son besoin d’appartenance à une communauté qui doit prendre en compte les plus faibles. « On répond à un besoin de la région : s’il y a 100 personnes chez Prélude SA, c’est bien parce que ce besoin est réel. »

Aussi, la constitution de ce réseau, via la Chambre d’économie publique Grand Chasseral et la marque territoriale éponyme, constitue-t-elle un projet essentiel pour Prélude SA. « D’une part, on se montre indispensable au développement économique de notre région et d’autre part, on apprend encore beaucoup de la dynamique insufflée par les entreprises industrielles. » En clair, l’entreprise sociale travaille dur pour participer à cette reconnaissance économique au sein d’une communauté dynamique qui sait faire face à toutes les crises mondiales.

Une prestation particulière

Au début du mois de janvier, les équipes de Prélude SA ont dû relever un défi particulier. Le mandat confié par la commune de Moutier, et imaginé par l’agence de communication Stractis, était de déballer et de reconditionner plus de 4300 sacs poubelle Celtor.

Cette mission exigeait de la rigueur et de la précision. Il était nécessaire que les plis du bandeau entourant le sac poubelle soient parfaitement alignés pour mettre en valeur la communication d’un message de sensibilisation aux incivilités liées aux déchets ménagers.

La réalisation de ce mandat a été confiée aux collaboratrices et aux collaborateurs du secteur multiservices. Ils ont soigneusement et patiemment préparé l’ensemble de cette commande particulière. Notre département logistique a ensuite acheminé les caisses à la Poste afin que les sacs soient distribués en tout-ménage dans la commune de Moutier.

Prélude SA remercie les autorités de la commune de Moutier pour leur confiance.

Changement à la Direction de Prélude SA.

Nous avons le plaisir de vous annoncer une évolution importante au sein de Prélude SA. Dans la
continuité de notre mission d’accompagnement des personnes en situation de handicap ou en
difficulté sociale, le Conseil d’administration a décidé de confier la co-direction de l’entreprise, à
compter du 1er janvier 2026, à deux talents issus de nos équipes:

  • Malvina Bernasconi, responsable accompagnement.
  • lsmaël Raetzo, responsable administration et finances et suppléant du directeur.

Cette nomination interne reflète notre volonté de valoriser les compétences et l’engagement de
longue date de nos collaboratrices et collaborateurs, tout en garantissant la stabilité et la qualité
de nos prestations.

Ils succèdent à Pierre-Michel Raetzo, qui a dirigé Prélude SA depuis ses débuts. Nous le
remercions chaleureusement pour sa vision, son énergie et son dévouement, qui ont façonné
l’entreprise et son impact social. Pierre-Michel entame une retraite bien méritée, à laquelle nous
adressons nos voeux les plus sincères.

Sous la co-direction de Malvina Bernasconi et d’lsmaêl Raetzo, nous poursuivrons le
développement de nos activités et le renforcement de nos partenariats, avec la même exigence
de qualité et de proximité qui fait la réputation de Prélude SA.

Une collaboration pour intégrer le premier marché du travail

Jonathan Salvatore a été l’un des premiers collaborateurs à intégrer Prélude SA et surtout le premier à travailler au secteur administration de l’entreprise. Cette année, une mesure de réinsertion professionnelle lui a ouvert les portes de la Poste. Une expérience qui vise à lui permettre, à terme, d’accéder au premier marché du travail.

Jonathan Salvatore a effectué son AFP d’Employé de commerce dans une institution d’intégration située à Bienne. Il y était assistant Employé de bureau. Une fois son diplôme en poche, il passe un an au chômage. « Malgré de nombreuses postulations, il était difficile de trouver un emploi qui corresponde à mes compétences », débute-t-il. Au bénéfice de l’A.I., en raison d’un trouble de l’attention et de la concentration qui perturbe son quotidien, sa conseillère l’oriente vers des entreprises à caractère social. C’est ainsi qu’il découvre Prélude SA. Après un premier stage découverte, il intègre l’entreprise en août 2018. « Je m’occupais de la partie administrative et logistique. » En 2019, en parallèle de son travail, il démarre un CFC Employé de commerce en cours du soir qu’il termine en 2021. Au même moment, Prélude SA ouvre son secteur Art & Artisanat à Saint-Imier. « J’ai intégré l’atelier-boutique où j’ai pu acquérir une certaine expérience dans le domaine de la vente, j’aimais particulièrement servir nos clients. »

Malgré ses difficultés, Jonathan souhaite bénéficier d’une mesure de réinsertion, prélude à un accès sur le marché primaire du travail. Une opportunité se présente à l’office de poste  de Moutier pour travailler au guichet des clients commerciaux. « J’ai effectué deux jours d’essai en novembre 2024 durant lesquels j’ai fait connaissance avec l’équipe, puis j’ai débuté officiellement le 1er février 2025 ». Il se familiarise avec ses différentes tâches : traiter les colis, vider les boîtes aux lettres, préparer les caisses pour courriers A ou B ou trier les colis économiques et prioritaires. Il accueille également les demandes des entreprises lorsqu’il assure une présence au guichet. Son travail à 50 % à la Poste, complète ses 30 % chez Prélude SA. La diversité de ses activités n’est pas de tout repos. « J’ai mis du temps à m’habituer à ce nouveau rythme, j’étais fatigué. Maintenant, cela va mieux, je peux prendre le temps de cuisiner ou de regarder un bon film quand je suis chez moi. »

Un bilan positif

Après 6 mois d’expérience, son bilan est positif. Jonathan apprécie particulièrement le mouvement dans son travail, « Ça bouge, c’est plus physique. » Il affectionne également cette nouvelle manière de traiter avec ses clients. « Chez Prélude, ce sont surtout des contacts téléphoniques. Ici, à la filiale postale de Moutier, les contacts se font physiquement, c’est plus direct. » Côté ambiance, il relève que celle-ci est semblable à celle qu’il connaît à Valbirse, « Avec une chouette collaboration avec mes collègues et un encadrement très compréhensif. »

Passionné d’informatique, de musique, de cuisine ou de photographie, Jonathan est très curieux. Il aime notamment les festivals de street-food « qui offrent de mini-voyages culinaires » ou regarde volontiers des vidéos de grands chefs étoilés préparant des classiques de la cuisine. Pratiquant la guitare sèche ou électrique, la musique l’aide à décompresser. « Cela me passionne et c’est surtout excellent pour la concentration. ».

Jonathan n’est encore qu’au début d’une carrière professionnelle perturbée par ses difficultés. Toutefois, grâce à cette collaboration entre Prélude SA et La Poste, il franchit un premier palier qui lui a permis de bénéficier de cette mesure de réinsertion. C’est une bonne nouvelle dans un marché de l’emploi concurrentiel pour les employés de commerce. « C’est vraiment encourageant que La Poste soutienne des gens dans notre situation », exprime-t-il en guise de conclusion.

Un costume sur mesure pour David

Ancien civiliste au sein de Prélude SA, David Grosjean a intégré l’équipe d’encadrement début septembre. Titulaire d’un diplôme d’une haute école de gestion, il apprécie ce nouveau travail qui alterne tâches comptables et relations humaines.

Il y a encore un an, David travaillait en tant que collaborateur au service comptabilité d’une entreprise de transport de la région. Alors qu’il devait effectuer ses cours de répétition, il a décidé de changer d’orientation professionnelle. « Après plus de 5 ans, j’avais un peu fait le tour de mon précédent emploi, j’ai profité de mon temps d’armée pour demander à changer d’affectation afin de le transformer en service civil », explique le jeune homme. S’il ne connaissait que vaguement Prélude SA, il y a trouvé une ambiance qui correspondait à ses nouvelles ambitions, et surtout davantage de variété dans ses tâches.

Civiliste, David a ainsi collaboré successivement au secteur multiservices, puis à la logistique. « Ce qui m’a principalement marqué, c’est que nous travaillons prioritairement pour des gens et non pas pour un directeur ou une directrice. » De fait, il trouve du sens à sa nouvelle mission. Il apprécie les moments de partage avec les collaborateurs et les collaboratrices de l’entreprise.

Se caler sur le rythme des autres

Son relatif manque d’expérience dans l’encadrement n’est pas une lacune. « Je suis encore en phase d’apprentissage, donc j’apprends de nouvelles choses et je suis bien entouré », explique-t-il. David entend suivre une formation dans le domaine, mais en attendant, il emmagasine un maximum d’expérience sur le terrain. Il apprécie ce relationnel qui implique de se caler sur le rythme des personnes qui travaillent avec lui. « C’est quelque chose qui m’est venu naturellement, je pense en priorité à mes collaborateurs et à mes collaboratrices avant de penser à moi. »

Avec les qualifications acquises durant son parcours à la HEG, David Grosjean a sans nul doute des compétences métiers à transmettre aux personnes qui travaillent dans son secteur. Mais, il doit encore gérer des paramètres qui lui restent à acquérir tels que les confidences lorsque quelqu’un ne se sent pas bien sur son lieu de travail. « J’ai appris à ne pas tout prendre sur moi lorsqu’il y a des situations délicates. J’ai la chance de pouvoir compter sur le savoir-faire de mes collègues pour apaiser d’éventuelles tensions ou de m’en détacher de la manière la plus positive possible. »

Ce passionné de sport, plus particulièrement de vélo et d’athlétisme, peut compter sur son expérience d’entraîneur. Chaque semaine, il s’occupe d’adolescents de 14 à 18 ans, un atout non négligeable dans le cadre de sa nouvelle profession. Ainsi, ce nouveau travail chez Prélude SA lui permet d’exploiter pleinement ses capacités et de trouver un équilibre entre ses tâches derrière un ordinateur et le contact humain. Toutefois, il lui reste encore à changer un peu son image : « Certains me voient encore comme un civiliste, mais je m’impose de plus en plus comme un encadrant. » Ce changement de rôle, David est en train de l’endosser avec un certain succès. Nous lui souhaitons une nouvelle fois la bienvenue au sein de notre entreprise.

« J’ai appris à faire attention au ton de ma voix »

Renato Iannetta est à la fois modeste et très accueillant. À quelques mois de la retraite, il revient sur son parcours chez Prélude SA : itinéraire d’un authentique rêveur sachant conjuguer rigueur et bienveillance.

« Renato, j’ai reçu des pièces, dois-je les emballer ? » L’interview n’a pas encore débuté, que le co-responsable du secteur logistique doit s’interrompre pour régler quelques aspects organisationnels de travaux à venir. Son bureau est situé à l’étage inférieur du bâtiment de Prélude SA. Depuis la fenêtre, on y aperçoit un atelier qui foisonne d’activités. « Ma porte est souvent ouverte, cela facilite le dialogue avec les gens », débute-t-il avec un large sourire.

Renato Iannetta est pragmatique « et d’une grande rigueur ». Un caractère en adéquation avec une carrière professionnelle placée sous le signe de la mécanique, tout d’abord chez un fabricant de machine-outil de la région, puis dans une manufacture horlogère. Après quelques années à travailler dans des entreprises industrielles, il aspire à autre chose : « J’avais un cadre de travail très confortable… Toutefois, j’avais cette envie de transmettre mon savoir-faire. »

Lorsqu’il débarque chez Prélude SA, il débute très logiquement par le secteur mécanique. Toutefois, il découvre une autre approche. « En mécanique, normalement c’est très carré. Ici, c’est différent, c’est mouvant. Et s’il y a une erreur, je considère que ce sont mes consignes qui n’étaient pas assez claires. » Ainsi, d’un environnement très structuré, il passe à un « monde parallèle » où les collaborateurs et les collaboratrices ne sont pas toujours les mêmes d’un jour à l’autre. « Au départ, c’était compliqué. D’un côté, j’ai des clients à satisfaire, de l’autre des personnes en situation de handicap ou en difficulté sociale. J’ai dû apprendre à créer un équilibre. » Il pense y parvenir, trouver sa méthode et être sur la bonne voie. « Mais un jour, notre directeur m’interpelle et remet en question mes méthodes, rigole-t-il, je n’étais pas du tout adéquat dans ma manière de faire. »

Renato procède à des ajustements, tant du point de vue du management que de son attitude : « J’ai appris à faire attention au ton de ma voix. Elle est grave et porte loin, cela peut paraître agressif. » Pourtant, le sexagénaire est tout le contraire. Lorsqu’il se raconte, il a ce côté rêveur, un brin utopiste, qui considère les gens sous leur meilleur jour, ce qui parfois lui masque la réalité du monde. « Dans ma tête, tout le monde était beau et gentil… Je ne voyais pas cette souffrance. C’est une forme de naïveté qui fait partie de ma personnalité. »

Au quotidien, il constate que Prélude SA accueille de plus en plus de jeunes gens en détresse. Ce rajeunissement de la population de l’entreprise sociale n’a pas changé son approche. Le matin, il a un petit mot sympa pour tout le monde et distribue les travaux en fonction des compétences de chacun, misant davantage sur l’implication personnelle de ses collaboratrices et collaborateurs que sur une forme d’autorité. Côté mandat, le secteur logistique a une activité très variée. « Au point de ne pas avoir de programme très défini. La météo exerce une grande influence. S’il pleut, on reste à l’atelier ou nous nous occupons des livraisons, et dès que le temps le permet, on file réaliser des mandats extérieurs, comme l’entretien de jardins, par exemple. »

L’ancien mécanicien est très fier de son équipe actuelle, « ce sont des bosseurs. Parfois, cela manque de rigueur dans la finition, mais c’est mon rôle de contrôler cet aspect. » Renato est attentif. Il privilégie un dialogue constant avec ses collaboratrices et ses collaborateurs, veille à ce que tout le monde se sente bien et, si nécessaire, adapte le programme et les horaires à l’humeur de chacun. Parfois, il n’y arrive pas. « Ce qui me fait le plus mal, c’est d’avoir eu, sans m’en rendre compte, une attitude qui n’a pas été adéquate avec quelqu’un, de ne pas avoir su trouver les bons mots et de blesser une personne. Je ne me sens pas bien ensuite. »

Dans quelques mois, il profitera d’une retraite bien méritée dans une maison qu’il a achetée en 2008. Elle est encore en travaux, mais il prend ça avec philosophie. Il en rigole même. « Peut être qu’elle ne sera jamais finie et ce n’est pas grave. J’aime bien bricoler à mon rythme. » Italien d’origine, il pense également effectuer quelques allers-retours entre la terre natale de ses parents et la région du Grand Chasseral. Il aura également du temps pour cuisiner pour ses amis. De son propre avis, il s’en sort très bien avec le Tiramisu ou une bonne ratatouille. En somme, Renato aime la vie simple, c’est une attitude qu’il a partagée tout au long des années passées chez Prélude SA. Nous l’en remercions vivement.

L’alliance entre performance et engagement social

Bien que Prélude soit enregistrée sous forme de SA, ce qui la rapproche du fonctionnement habituel d’une entreprise classique, son organisation et son action demeurent résolument atypiques. Elle évolue constamment sur le fil du rasoir entre fournir des prestations de qualité à ses clients et sa mission d’entreprise sociale au service de ses collaboratrices et de ses collaborateurs en situation de handicap ou en difficulté sociale.

Responsable de production au sein de Prélude SA, Alain Jaggi ne ménage pas ses efforts pour préserver le difficile équilibre existant entre certains impératifs de rentabilité et les efforts à consacrer à l’accompagnement et l’encadrement des collaboratrices et collaborateurs de l’entreprise : « On doit être capables d’obtenir une production de qualité et de répondre aux exigences de nos clients tout en tenant compte du fait que nous employons des femmes et des hommes dont nous adaptons en permanence les places de travail. »

D’abord engagé comme maître socioprofessionnel (MSP), avant de prendre la responsabilité de la production il y a 5 ans, le quinquagénaire relève que c’est avant tout « un parcours de vie compliqué qui a envoyé ces personnes chez Prélude SA. Nombre d’entre elles sont formées, et possèdent un CFC. » Finalement, c’est l’une des caractéristiques de l’encadrement de l’entreprise : son aptitude à jongler avec les difficultés sociales existantes – ce qui rend l’absentéisme plus fort qu’ailleurs – tout en assurant les délais promis et une excellente qualité de la production. « Le handicap n’est pas une excuse, nous sommes capables de nous élever au même haut niveau de prestation que n’importe quelle autre entreprise. »

La réactivité, moteur de développement

La principale force de Prélude SA réside dans sa réactivité. Forte de plus de 100 collaboratrices et collaborateurs, sa capacité de production s’adapte rapidement aux besoins de ses clients. Pour Alain Jaggi, « les ateliers basculent très facilement d’un travail à un autre, sans pour autant altérer les délais ou perturber nos équipes ». Pour réussir ce tour de force, il travaille en étroite collaboration avec les responsables de chaque secteur. « Toute demande est analysée afin d’être confiée aux bonnes personnes, en tenant compte des compétences et capacités individuelles de chacune ou chacun. Nous adaptons ainsi nos postes de sorte que tout le monde soit intégré confortablement au sein du processus de production. »

Aussi, le fonctionnement de Prélude n’est pas calqué sur une organisation avec des lignes de production traditionnelles et figées. Peu importe la quantité, l’ampleur ou le prix, chaque travail intéresse le responsable de la production. « Cela nous donne l’opportunité de diversifier les travaux proposés dans nos différents secteurs. Les tâches répétitives, souvent peu attractives dans le premier marché du travail, sont pour nous une véritable aubaine ; elles apportent un cadre rassurant à nos équipes et leur permettent de s’épanouir. »

Une image qui change. Le défi du changement d’image a été relevé avec succès par Prélude SA, tant du point de vue de ses clients que de celui de ses collaboratrices et de ses collaborateurs. Avant, les entreprises nous confiaient du travail en estimant que c’était là leur contribution sociale, confesse son directeur Pierre-Michel Raetzo. Aujourd’hui, on est reconnus pour la qualité et les compétences de notre production. » Si l’entreprise a su s’intégrer dans le monde industriel en gardant sa singularité, celui qui passera la main en fin d’année relève également une autre victoire. Et pas des moindres : « Les gens sont fiers de travailler chez nous, ils ne le masquent plus dans leur CV comme cela a pu être le cas par le passé.»

Mission sociale

Comme toute entreprise, Prélude SA doit rester compétitive et maîtriser ses coûts afin de garantir sa stabilité. La réduction des frais d’exploitation est un objectif qui s’accompagne également d’un rééquilibrage de son mode de financement, entre le contrat de prestations qui lie l’entreprise au canton et les ressources propres à son activité commerciale. Toutefois, l’automatisation de certains processus ne doit pas se faire au détriment du nombre de places de travail. En effet, la vocation sociale de l’entreprise reste prioritaire. « Les collaboratrices et les collaborateurs sont nos principaux clients. Ce sont eux qui assurent chaque jour notre production. »

Par son fonctionnement, Prélude est un maillon essentiel d’une chaîne humaine régionale portée par des hommes et des femmes qui font vivre l’engagement social de l’ensemble de la région du Grand Chasseral. « En tant que responsables, nous ne sommes que des metteurs en scène. Les véritables acteurs, ce sont bien celles et ceux qui œuvrent dans nos ateliers », conclut Alain Jaggi.