Implantée dans la commune de Valbirse depuis 2017, l’entreprise Prélude SA est plutôt bien située sur le territoire du Grand Chasseral. Elle y assure des missions essentielles pour les personnes en situation de handicap ou en difficulté sociale, un vrai plus pour la région.

Depuis ses débuts il y a 8 ans, l’entreprise sociale a pris de l’ampleur, aussi bien en termes de volume de commandes à traiter que de prestations à la personne. Ce développement n’est pas uniquement local. Il s’étend à l’ensemble de la région du Grand Chasseral, avec notamment l’ouverture de l’Atelier-boutique du secteur Art & Artisanat à Saint-Imier en 2021.
« On répond à un besoin de la région : s’il y a 100 personnes chez Prélude SA, c’est bien parce que ce besoin est réel. »
Prélude compte une centaine de collaboratrices et de collaborateurs répartis entre ses deux sites. Son organisation est singulière et encourage un travail qui a du sens. « On est basé au milieu d’une vallée industrielle. Notre activité est calquée sur cette économie de la machine-outil, de la mécanique, du décolletage de précision et plus largement de l’horlogerie », détaille le fondateur de l’entreprise Pierre-Michel Raetzo. Les maîtresses et maîtres socioprofessionnels (MSP) de Prélude SA travaillent d’arrache-pied pour cultiver les spécificités de l’entreprise, entre accompagnement social, respect des délais et de la qualité de la production attendus par ses clients.
Le « S » de MSP a gagné en importance
Au fil du temps, l’entreprise a dû s’adapter. En raison notamment du rajeunissement de ses collaborateurs et de ses collaboratrices, les besoins ne sont plus les mêmes. « Les souffrances d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes que celles d’hier, constate le directeur, les jeunes sont de plus en plus déstabilisés.» Il explique cela notamment – ce n’est pas la seule cause – par une addiction aux écrans qui les mobilisent durant la nuit. De fait, ils sont décalés par rapport aux horaires de travail. En sus, le climat souvent anxiogène des réseaux sociaux peut nuire à la santé mentale. Le résultat ? Prélude SA accueille de plus en plus de jeunes, bien souvent sans expérience professionnelle. « Ils n’ont jamais été confrontés au monde du travail, ils n’en connaissent pas les codes ». De fait, Prélude a trouvé des solutions en élargissant son cadre : « En adoptant une structure plus souple et en les incitant à trouver du plaisir dans les travaux proposés par l’entreprise. » L’essentiel est qu’ils aient une opportunité de travailler, sous une forme ou une autre.
Ainsi, le rôle des MSP a évolué. « Avant, ils décomposaient et distribuaient les tâches selon les mandats à exécuter. Ils insufflaient une dynamique de groupe. Aujourd’hui, le « s » de « socio » a pris de l’importance dans leur travail. » Prélude s’adapte et tâche de continuer à être un partenaire économique crédible auprès de ses clients. La formation des collaboratrices et des collaborateurs de l’entreprise est l’un des leviers qui permet d’atteindre cet objectif.
Un ambassadeur qui a du sens
Pierre-Michel Raetzo en est convaincu : « On ne peut pas déconnecter les mondes sociaux et économiques. Le seul moyen d’anticiper les besoins d’une société, c’est de construire un réseau. » En étant un ambassadeur actif du Grand Chasseral, Prélude SA signale son besoin d’appartenance à une communauté qui doit prendre en compte les plus faibles. « On répond à un besoin de la région : s’il y a 100 personnes chez Prélude SA, c’est bien parce que ce besoin est réel. »
Aussi, la constitution de ce réseau, via la Chambre d’économie publique Grand Chasseral et la marque territoriale éponyme, constitue-t-elle un projet essentiel pour Prélude SA. « D’une part, on se montre indispensable au développement économique de notre région et d’autre part, on apprend encore beaucoup de la dynamique insufflée par les entreprises industrielles. » En clair, l’entreprise sociale travaille dur pour participer à cette reconnaissance économique au sein d’une communauté dynamique qui sait faire face à toutes les crises mondiales.