« J’ai appris à faire attention au ton de ma voix »

Renato Iannetta est à la fois modeste et très accueillant. À quelques mois de la retraite, il revient sur son parcours chez Prélude SA : itinéraire d’un authentique rêveur sachant conjuguer rigueur et bienveillance.

« Renato, j’ai reçu des pièces, dois-je les emballer ? » L’interview n’a pas encore débuté, que le co-responsable du secteur logistique doit s’interrompre pour régler quelques aspects organisationnels de travaux à venir. Son bureau est situé à l’étage inférieur du bâtiment de Prélude SA. Depuis la fenêtre, on y aperçoit un atelier qui foisonne d’activités. « Ma porte est souvent ouverte, cela facilite le dialogue avec les gens », débute-t-il avec un large sourire.

Renato Iannetta est pragmatique « et d’une grande rigueur ». Un caractère en adéquation avec une carrière professionnelle placée sous le signe de la mécanique, tout d’abord chez un fabricant de machine-outil de la région, puis dans une manufacture horlogère. Après quelques années à travailler dans des entreprises industrielles, il aspire à autre chose : « J’avais un cadre de travail très confortable… Toutefois, j’avais cette envie de transmettre mon savoir-faire. »

Lorsqu’il débarque chez Prélude SA, il débute très logiquement par le secteur mécanique. Toutefois, il découvre une autre approche. « En mécanique, normalement c’est très carré. Ici, c’est différent, c’est mouvant. Et s’il y a une erreur, je considère que ce sont mes consignes qui n’étaient pas assez claires. » Ainsi, d’un environnement très structuré, il passe à un « monde parallèle » où les collaborateurs et les collaboratrices ne sont pas toujours les mêmes d’un jour à l’autre. « Au départ, c’était compliqué. D’un côté, j’ai des clients à satisfaire, de l’autre des personnes en situation de handicap ou en difficulté sociale. J’ai dû apprendre à créer un équilibre. » Il pense y parvenir, trouver sa méthode et être sur la bonne voie. « Mais un jour, notre directeur m’interpelle et remet en question mes méthodes, rigole-t-il, je n’étais pas du tout adéquat dans ma manière de faire. »

Renato procède à des ajustements, tant du point de vue du management que de son attitude : « J’ai appris à faire attention au ton de ma voix. Elle est grave et porte loin, cela peut paraître agressif. » Pourtant, le sexagénaire est tout le contraire. Lorsqu’il se raconte, il a ce côté rêveur, un brin utopiste, qui considère les gens sous leur meilleur jour, ce qui parfois lui masque la réalité du monde. « Dans ma tête, tout le monde était beau et gentil… Je ne voyais pas cette souffrance. C’est une forme de naïveté qui fait partie de ma personnalité. »

Au quotidien, il constate que Prélude SA accueille de plus en plus de jeunes gens en détresse. Ce rajeunissement de la population de l’entreprise sociale n’a pas changé son approche. Le matin, il a un petit mot sympa pour tout le monde et distribue les travaux en fonction des compétences de chacun, misant davantage sur l’implication personnelle de ses collaboratrices et collaborateurs que sur une forme d’autorité. Côté mandat, le secteur logistique a une activité très variée. « Au point de ne pas avoir de programme très défini. La météo exerce une grande influence. S’il pleut, on reste à l’atelier ou nous nous occupons des livraisons, et dès que le temps le permet, on file réaliser des mandats extérieurs, comme l’entretien de jardins, par exemple. »

L’ancien mécanicien est très fier de son équipe actuelle, « ce sont des bosseurs. Parfois, cela manque de rigueur dans la finition, mais c’est mon rôle de contrôler cet aspect. » Renato est attentif. Il privilégie un dialogue constant avec ses collaboratrices et ses collaborateurs, veille à ce que tout le monde se sente bien et, si nécessaire, adapte le programme et les horaires à l’humeur de chacun. Parfois, il n’y arrive pas. « Ce qui me fait le plus mal, c’est d’avoir eu, sans m’en rendre compte, une attitude qui n’a pas été adéquate avec quelqu’un, de ne pas avoir su trouver les bons mots et de blesser une personne. Je ne me sens pas bien ensuite. »

Dans quelques mois, il profitera d’une retraite bien méritée dans une maison qu’il a achetée en 2008. Elle est encore en travaux, mais il prend ça avec philosophie. Il en rigole même. « Peut être qu’elle ne sera jamais finie et ce n’est pas grave. J’aime bien bricoler à mon rythme. » Italien d’origine, il pense également effectuer quelques allers-retours entre la terre natale de ses parents et la région du Grand Chasseral. Il aura également du temps pour cuisiner pour ses amis. De son propre avis, il s’en sort très bien avec le Tiramisu ou une bonne ratatouille. En somme, Renato aime la vie simple, c’est une attitude qu’il a partagée tout au long des années passées chez Prélude SA. Nous l’en remercions vivement.